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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /Nov /2008 15:10

Classement après la 14e journée :

1    Lyon : 33 pts

2    Marseille : 26 pts

3    Rennes : 25 pts

4    Nice : 25 pts

5    Toulouse : 25 pts

6    Bordeaux : 24 pts

7    Lille : 23 pts

 

 

Évidemment, quand on lit ce classement, il est difficile de céder à l’optimiste. Lyon, leader avec sept points d’avance, on a connu mieux en terme de suspens. Pourtant, il existe quelques éléments qui peuvent inverser la balance de ce championnat 2008/2009.

 

1/ La « Benzema dépendance » de Lyon.

Avec déjà 9 buts au compteur, Benzema est plus que jamais l’arme fatale de l’Olympique Lyonnais. Le jeune attaquant rhodanien est impliqué dans plus de 60% des buts de son équipe. Ni Fred, intermittent du football, ni Piquionne qui ne joue quasiment plus, ne sont venus remettre en cause le leadership du goléador lyonnais. Le problème est là : que se passera-t-il si Benzema se blesse ? Le natif de Lyon joue tous les matches de son équipe depuis deux ans plus ceux de l’équipe de France. Un marathon que son corps lui fera payer un jour ou l’autre. Une blessure de Benzema ? Un cauchemar pour le président Aulas, une aubaine pour les rivaux des champions de France.

 

2/ Un effectif lyonnais moins talentueux que les dernières saisons

Jean-Michel Aulas a beau répéter chaque année que son équipe est la plus forte de l’histoire du club, il est clair que les mercatos lyonnais n’ont pas toujours la même valeur. Ben Arfa parti, l’aile gauche est orpheline d’un vrai spécialiste que n’est ni Pjanic, ni Ederson, les deux solutions de Puel à ce poste. C’est donc Benzema qui s’y colle avec toute l’allégresse qu’on lui connaît. Cleber Anderson et Squillaci ont été remplacés par le seul Mensah qui n’a quasiment joué cette saison qu’en….latéral gauche.  Loic Rémy a été bien vendu mais Keita n’est toujours pas une solution performante pour remplacer Govou à droite. Si Lloris a parfaitement pris la place de Coupet dans le but, son influence ne peut pas encore rivaliser avec le charisme que dégageait le néo-Sévillan dans le groupe lyonnais. Clerc blessé pour de longue semaine, Grosso toujours aussi faible défensivement, les deux couloirs rhodaniens sont couverts par le pauvre Reveillère qui assure tantôt à droite, tantôt à gauche. Enfin, Ederson avait été recruté pour remplacer Juninho qui réalise un début de saison épatant. L’ancien Niçois ronge donc son frein à tous les autres postes du milieu. On se rend compte que l’effectif lyonnais est donc assez déséquilbré avec une pénurie de latéraux mais quatre défenseurs centraux titularisables, une dizaine de milieux, mais aucun spécialiste du couloir gauche et aucun remplaçant potable pour Benzema. Autant dire que la moindre blessure peut engendrer des complications très importantes (comme celle de Grosso au mois de septembre).

 

3/ La gestion du calendrier

C’est un problème bien français. Chaque année, les clubs se battent pour participer à la coupe d’Europe mais lorsque le calendrier s’accélère, on crie aux cadences infernales. Il est vrai que les clubs français n’ont pas les effectifs de leurs homologues européens et qu’il est difficile pour eux d’être compétitifs sur deux tableaux (les Monégasques en 2003 s’en souviennent encore). Néanmoins, les trois representants français ont joué le jeu cette année, avec des fortunes diverses puisque Lyon est quasiment qualifié, Marseille quasiment éliminé et Bordeaux en ballotage. Puisque chaque année Lyon se qualifie pour la 2e phase tout en régnant sur le championnat, le problème ne semble pas insurmontable pour les Gones. Sauf que cette saison, les Lyonnais ont deux sérieux adversaires en championnat. Dans leur septennat victorieux, Lyon n’a jamais eu d’une saison à l’autre, le même rival. Bordelais et Marseillais sont encore dans les pas des Lyonnais cette saison après leur lutte, l’année dernière.  Même si ces derniers ont encore un matelas de points confortable. Les Gones ne pourront relâcher leur effort et gérer l’enchainement des matches face à des Marseillais au calendrier déjà dégagé (plus de coupe de la Ligue et probablement plus de Ligue des champions) et des Bordelais bien décidés à faire tomber l’ogre lyonnais.

 

4/ Le retour des grosses écuries

Pour la première fois depuis bien longtemps, la saison de football se jouera sans la défaillance de l’un des trois grands clubs (Marseille, Lyon, PSG). Si on y ajoute les Bordelais, cela fait quatre grosses écuries de L1 aux avant-postes. Longtemps, Lyon a profité des défaillances de ces rivaux historiques (cette année, Monaco et St-Etienne).  La place de premier opposant était occupée par un club de moyenne envergure (Lille, Nancy, Toulouse). Si ces trois équipes méritaient largement leur place sur le terrain, il faut tout de même remarquer que c’était souvent la première fois de l’histoire du club qu’ils se battaient pour des places aussi importantes. La gestion de cette nouvelle pression se faisait au jour le jour et les dirigeants préféraient s’enorgueillir et se contenter de leur place du moment plutôt que d’ambitionner d’aller chasser le Lyon. Avec le retour des ténors, Lyon doit faire avec des adversaires beaucoup plus ambitieux qui n’ont pas caché leur rêve de voir tomber la formation de Puel.

 

5/ Les cas Ben Arfa et Gourcuff

Depuis des années, Lyon a l’habitude d’attirer les meilleurs joueurs de L1 dans ses griffes. Tactique doublement avantageuse permettant de se renforcer autant que d’affaiblir d’éventuels concurents.  Mais cette saison, Aulas a probablement manqué de jugeote sur deux dossiers.

En laissant partir Ben Arfa à Marseille pour une somme qui a fait bondir les supporters Lyonnais (11M alors que Nasri a été vendu 19M à Arsenal), Aulas s’est fourvoyé. Car s’il pensait se débarrasser d’un joueur connu pour ses excès de caractère et qui ne faisait pas l’unanimité dans le vestiaire rhodanien, JMJ a surtout renforcé un concurent direct avec l’un des joyaux du football français. Résultat, Ben Arfa brille à Marseille qui lui pardonne ses excès tant qu’il marque et fait marquer. De son coté, les Lyonnais n’ont toujours pas trouvé de remplaçant au Marseillais.

Le deuxième dossier est celui du Milanais, Yohan Gourcuff. Après une saison mitigée au Milan, le fils de Christian Gourcuff souhaitait rentrer en France. Le PSG tenta une première approche, vite balayée par la famille Gourcuff, inquiète du manque de stabilité du club parisien. Pour l’ancien Rennais, il était inconcevable de revenir dans un club de seconde zone. Marseille sur Ben Arfa, il restait Lyon et Bordeaux. Avant d’engager le Milanais, les Lyonnais devaient alléger leur contingent impressionnant de milieux. De plus, Lyon avait déjà payé 30M d’euros pour Ederson et Pjanic. Deux transferts concluent un peu hâtivement quand on voit le rendement des deux joueurs. Pjanic a été payé 13M à Metz alors que pour la vente de Gourcuff, le Milan demandait 15M. Si à l’époque personne ne se doutait de l’envol du jeune Rennais, le pari n’était pas si périlleux. A force de tâtonner, Gourcuff se tourna vers Bordeaux qui obtint le prêt du milieu breton avec une option d’achat de 15M. Aujourd’hui, Pjanic a disparu de la circulation alors que Gourcuff enchante la France entière. 

Ben Arfa et Gourcuff sont des joueurs de talent. Ceux qui font basculer un match fermé ou qui se surpasse dans les grands moments. Ce genre de joueurs qui manquait aux rivaux des Lyonnais ces dernières années. Avec eux, Marseille et Bordeaux se mettent à rêver.

Par Guillaume G - Publié dans : Ligue 1 - Communauté : Autour du Sport
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