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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 19:34

Ca y est, l’équipe de France a bouclé son annus horriblis ! Un dernier match contre l’Uruguay (0-0) à l’image de tous les autres, sans saveur et sans panache. Comme prévu la Céleste bougea les Bleus. Ribery se souviendra longtemps de ce tacle de Pereira (58e) qui dans n’importe quelle autre circonstance aura valu un rouge et trois matches de suspension à son auteur. Lloris gardait la cage française globalement privée de match et Viera chercha plus à éviter une énième blessure en Bleu qu’accélérer le jeu français.  Et il y a eu la rentrée de Savidan. Dans un contexte moribond, l’enthousiasme du Caennais faisait tache avec le décor ambiant dans un stade de France aussi animé que le salon de l’immobilier. Rentré à la place d’un Anelka bien esseulé en première période, l’autre bizuth de la soirée (avec Lloris) montra immédiatement qu’il n’était pas là pour divertir la bourgeoisie dyonisienne.

Dès la 54e, bien servi Ribery par son compère du Nord, « Savigol » testa la vigilance de Carini d’une frappe aussi soudaine que vicieuse. A l’heure de jeu, l’ancien Valenciennois réalise l’exploit de faire lever les costard-cravates du SDF en réalisant une bicyclette en pleine surface après une déviation de la tête de Gourcuff. Malheureusement pour le numéro 9 des Bleus, sa reprise manque le cadre du portier uruguayen de quelques centimètres.  Mais qui est capable de dire depuis combien de temps, un joueur de l’équipe de France n'avait pas tenté un geste comme celui-là ? Surtout que Savidan remet ça cinq minutes plus tard sur un centre au second poteau.  Pour conclure sa soirée, « Savigol » tente une frappe lobée qui tutoie la transversale de Carini après un bon travail de Nasri. Pendant ce temps là, Benzema, lui aussi rentré en jeu, continue de se battre contre ses démons en Bleus avec une réussite incomparable avec ses prestations en L1.

Savidan peut-il être une solution viable pour Domenech ? La plupart des observateurs ne le pensent pas. A 30 ans, la carrière de Savidan est derrière lui et il n’entre pas dans le plan reconstruction des Bleus pour la Coupe du Monde 2010 et surtout l’Euro 2012. Ce n’est pas un monstre de puissance et il n’a pas la finesse technique d’un Ben Arfa. Il n’a jamais connu le haut niveau que ce soit français ou européens et ne séduit pas les techniciens.  

Mais Steve Savidan est depuis trois saisons, l'un des meilleurs attaquants de Ligue 1. Sa moyenne de buts est semblable à celle de Benzema . 2e meilleur buteur en 2006-2007 avec 13 buts, 8e en 2007/2008 avec toujours 13 buts, le Caennais en est déjà à 7 buts en 14 matches avec le Stade Malherbe.  Attaquant atypique, Savidan est surtout « un tueur de surface » comme vient de le distinguer Eric Gerets, le coach marseillais. Doté d’une bonne frappe des deux pieds et d’un jeu en pivot assez intéressant, le Caennais peut facilement se glisser dans plusieurs schémas tactiques avec un ou deux attaquants, en soutien ou en pointe. Mais ce qui est caractérise le plus Steve Savidan, c’est son état d’esprit. A l’image de l’autre Chti des Bleus, le Munichois Franck Ribery, Savidan est « un ambianceur de vestiaires ». Toujours d’humeur égale, blagueur et amoureux des bons mots pour la presse, Savidan est ce qu’on appelle dans le football « un mec bien ». Loin de toutes polémiques, il garde un franc-parler qui déteint dans le milieu tout en conservant la sympathie du plus grand nombre. Homme de respect et de parole, « Savigol » n’était pas prédestiné à faire carrière.  Son parcours et notamment son boulot d’éboueur a fait le bonheur des médias en quête d’authenticité cette semaine. Savidan puise dans ce destin chaotique une lucidité et un jugement sur le football bien plus affiné que ces collègues. Cela fait déjà de lui, un joueur d'exception.

Par Guillaume Grob - Publié dans : Equipe de France - Communauté : Autour du Sport
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 19:20

Ce soir, le football fête le retour de l’un de ses plus grand talent dans son cénacle. A l’occasion d’un Écosse-Argentine qui n’aurait pas déplacé les foules, Diego Armando Maradona fera ses débuts dans le costume de sélectionneur des Gauchos.  Si on devait résumer Maradona en un seul match, ce serait évidemment ce fameux quart de finale de la Coupe du Monde 86. Pathétique dans un premier temps, avec cette célèbre « main de Dieu » qui trompe Peter Shilton pour le premier but de l’Argentine. Génial dans un second temps avec ce slalom au milieu de l’équipe anglaise, certainement l’un des buts les plus incroyable de l’histoire du football. Au final, l’Argentine remporte son quart (2-1) et la coupe du Monde 86 pour ce qui reste l’apogée de la carrière « d’El Pibe de Oro ».

Mais depuis ce moment magique, Maradona s’est perdu. Écrasé par ce talent sans égal, encensé par tout un peuple, celui qui est considéré comme un Dieu en Argentine a vécu une descente aux enfers propre aux génies de leur temps.  Contrôlé positif à la cocaïne en 1991 à Naples (suspendu 15 mois), il est exclu de la Coupe du Monde 1994 pour les même raisons. En 2004, il frôle une première fois la mort après un accident cardiaque, probablement la conséquence de tous ses excès. En 2007, rebelote avec un nouveau malaise du à l’alcool et au tabac.

Mais Maradona est un être démoniaque, dans ses défaites mais aussi dans ses victoires. Il y a un mois, quasiment à la surprise générale, il se porte candidat pour le poste de sélectionneur argentin. Sans surprise, tant son aura est immense à Buneos Aires , le meneur de jeu historique de l’Albiceleste est nommé et prié de redonner des couleurs à une équipe d’Argentine moribonde malgré l’abondance de talent unique (Messi, Aguero, Riquelme,…).

Depuis sa nomination, le cas de Maradona divise dans le microcosme footballistique. Car le natif de Villa Fiorito n’a jamais été connu pour son sens tactique aigu. Comme tous les artistes, Maradona jouait sur son instinct. Ses sensations étaient le moteur de ses décisions sur le terrain ou il était capable d’actions inimaginables mais aussi d’absence coupable. Clairement, El Pibe de Oro n’a pas l'intéligence technico-tactique d’un Cappelo ou Wenger. Mais son charisme et son influence sont des atouts non négligeables pour amener la sélection argentine au sommet.  Il peut s’appuyer sur les cas de glorieux anciens ayant réussi leur passage sur le banc comme un certain Johan Cruyff, comme lui, joueur d’instinct, devenu un coach référence en matière de beau jeu après son passage à Barcelone.

On aura donc un début de réponse ce soir à Hampden Park contre l’Écosse. Mais on attendra au moins sa seconde sortie, contre l’équipe de France à Marseille, en février pour se faire une idée plus précise. Maradona au Vélodrome, un vieux rêve de Bernard Tapie enfin réalisé.

Par Guillaume Grob - Publié dans : FIFA - Communauté : Autour du Sport
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 04:46

Ah, le match amical du mois de novembre. C’est mon match amical préféré juste devant celui du mois d’aout quand la moitié des sélectionnés n’a que deux rencontres de championnat dans les pattes et que l’autre moitié n’en a aucune. Celui de novembre offre une problématique totalement opposé. En plein automne, les équipes jouant le titre dans leur championnat accélèrent la cadence, la Ligues des Champions entame ces dernières journées décisives pour la qualification en 8e de finale et les premiers tours des coupes nationales font leur apparition. Autant dire que pour les ténors, cela se traduit par un match tous les trois jours.

 Dans l’ancestral conflit entre les clubs et les sélections, ce match amical est souvent la goutte d’eau qui fait déborder le petite vase des grands clubs. Parce que l’élite européenne ne supporte pas que l’on ajoute 90 min de football sans enjeu à ses footballeurs lancés ailleurs dans des compétions aussi intenses qu’harassantes.

Si on peut noter que les clubs n’ont jamais été très bien disposés envers les sélections, il est vrai que cela soulève un réel problème. Car si dans le temps, l’argument d’un calendrier international plutôt creux en terne de date était recevable, il ne l’est plus du tout aujourd’hui.  Contre l’Uruguay, l’équipe de France disputera son 14e match de l’année. Le chiffre aurait pu être plus important, si elle n’avait pas été éliminée de l’Euro au premier tour. L’éclatement de l’URSS et de la Yougoslavie a donnée naissance à de nombreuses nouvelles sélections créant des calendriers de qualifications pour la Coupe du monde beaucoup plus dense qu’autre fois  (quasiment deux fois plus de matches).

Les sélectionneurs connaissent bien ce problème. Ils savent que ces matches font grincer les petites dents des dirigeants européens. Ils savent aussi que les joueurs confirmés rechignent à venir. Pour son match contre Allemagne, l’Angleterre vient de perdre 7 titulaires en puissance qui rejoueront probablement dès ce week-end avec leur club en Premier League. Pour ce match conte l’Uruguay, Domenech a d’ailleurs convoqué pas moins de 23 joueurs, soit plus de deux équipes potentielles.  C’est donc le grand bal des hypocrites ou tout le monde feint l’importance relative d’une rencontre joué la plupart du temps dans le froid et devant un public clairsemé.  La FFF n’est pas en reste dans cette petite sauterie puisqu’elle a bradé ses places pour la rencontre de ce soir au Stade de France (10 euros au lieu de 40 euros minimum).

On peut donc s’attendre à peu de bonne surprise ce soir. L’Uruguay et son jeu rugueux aura probablement battit une forteresse devant son but et l’équipe de France y viendra s’y butter pendant 90 min. Ceux qui attendent un score fleuve peuvent tout de suite zapper sur ESP Classic. Ou attendre le retour de la Ligues des champions, la semaine prochaine.

Par Guillaume Grob - Publié dans : Equipe de France - Communauté : Autour du Sport
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